Porteurs de plumes

Leadership pour la promotion de la vie

Le bassin versant sud du Manido’wi zaagaiaagan (Spirit Lake) : baie Georgienne et Wawaseyaaguming (Shining Lake) – Lac Simcoe. Ces eaux ont historiquement soutenu la vie des Wendat  et supportent aujourd’hui celle des Anishinaabe et des Haudenosaunee qui, grâce à diverses ententes, partagent généreusement ce cadeau avec les nouveaux arrivants de tous les coins de notre Terre nourricière.

Langue: Ojibwe

FeatherCarriers.com
Une approche culturelle à la mobilisation communautaire pour une meilleure prévention en santé mentale, toxicomanies et suicide grâce à une formation appropriée. Le nom « Porteurs de plumes : Leadership pour la promotion de la vie » illustre la démarche qui s’inspire de la façon autochtone de concevoir le leadership pour la protection et la promotion de la santé et du bien-être communautaires. Les Porteurs de plumes sont ces individus au sein des communautés autochtones à qui on a décerné une plume d’aigle en reconnaissance de leur contribution à la protection et à la promotion du mieux-être communautaire.
La formation Porteurs de plumes : Leadership pour la promotion de la vie est un cadeau du Créateur et, en tant que tel, il est guidé par le Grand Esprit. L’Ogitchidaw ou le bâton-aigle Grand-mère apporte des enseignements essentiels pour la promotion de la vie. Il est un guide indispensable pour les porteurs de plumes.

La formation Porteurs de plumes repose sur les enseignements Miikaans, lesquels sont essentiellement les enseignements anishnabés ou ojibwés de la vie. Ils racontent comment nous arrivons sur Terre en tant qu’esprits incarnés. Cela s’opère en accord avec le Créateur, notamment la façon d’entreprendre notre voyage. Voilà comment se passe le début de notre arrivée sur terre; ensuite, nous sommes amenés à traverser les sept étapes de la vie, jusqu’à l’heure où notre esprit quitte notre corps pour retourner dans le Monde des Esprits.

Ed Connors

Les enseignements Miikaans sont la façon anishnabée de concevoir le développement global de l’humain, avant, durant et après la vie.

G’chi Manido

Un dialogue avec le Créateur : avant notre naissance, nous engageons un dialogue intime avec le Créateur, et un fort sentiment de sécurité nous enveloppe, lequel nous soutiendra aux heures difficiles. Ce dialogue est entamé au début de la vie, pour nous préparer à la suite des choses.

Abinoojiinh

Étape 1 – La naissance : notre naissance constitue notre premier traumatisme, c’est à ce moment que nous oublions en partie ce que nous avons appris lors de notre dialogue avec le Créateur (même si cette connaissance demeure toujours en nous). Cette connaissance, nous la portons en nous lorsque nous sommes entourés de soins à notre naissance et durant notre enfance; elle existe en nous pour nous aider à retenir ce que nous devons savoir lorsqu’une personne affronte des difficultés plus tard dans la vie, pour que nous puissions l’accompagner et l’aider à comprendre son but dans la vie.

Oshkiniijig

Étape 2 – La puberté : La puberté est un changement physiologique, et aussi un processus éducatif vécu dans la communauté. D’importants rituels aident les jeunes à passer à l’âge adulte avec le sentiment d’avoir un but bien précis dans la vie. Pendant cette transition, des pratiques et des enseignements leur sont transmis pour les aider à se connaître eux-mêmes, et à déterminer leur rôle par rapport aux autres.

Babaa Ayaa Jig

Étape 3 – Le vagabond : À cette étape, un esprit curieux nous donne envie de bouger; on a le goût d’explorer divers modes de vie et pratiques spirituelles. C’est ce qui nous aide à trouver notre place au sein de la Création en comparant les nouvelles choses que nous apprenons à celles que nous savons déjà. Cette étape nous prépare à utiliser encore plus pleinement les dons reçus.

Ozhiitaa Jig

Étape 4 – Les dons : Nous découvrons nos dons en étant attentifs aux expériences vécues sur notre route. Prêter une attention particulière à l’image qu’on nous renvoie de nous-mêmes, en nous concentrant sur le positif, peut nous révéler nos propres dons uniques.

Gashkichige Jig

Étape 5 – Le but de la vie : C’est à cette étape de la vie que nous utilisons nos dons et vivons selon le but que nous a révélé notre Créateur. N’oublions pas les leçons de la vie apprises par le jeu durant notre enfance afin de nous reposer de temps en temps. Ainsi, notre but ne saurait se transformer en fardeau.

Gikendamowin

Étape 6 – La réalisation de soi : À cette étape, nous sommes bien à l’aise avec nos dons et notre but dans la vie, ce qui nous donne la souplesse nécessaire pour nous adapter et changer à la lumière des nouvelles connaissances que nous continuons d’acquérir. Nous sommes désormais entièrement sûrs de ce que nous sommes par rapport à l’ensemble de la création.

Getsijig

Étape 7 – La vieillesse : À cette étape tardive de la vie, nous transformons en leçons de sagesse toutes nos expériences, les bonnes comme les mauvaises, et tout ce dont nous avons été témoins.Cela nous amène à vivre un état de pureté. Nous savons qui nous sommes.

Manido Miikan

Le retour à l’Esprit : Lorsque nous quittons ce monde, nous entamons le voyage de retour vers le Créateur. Pour s’assurer que ce voyage se passe bien, cela implique également d’importants rituels communautaires.

Aazhoge

Cérémonie des écarts : Un important aspect de la philosophie du Mino Bimaadiziwin ou ‘comment vivre une bonne vie’, comporte des leçons sur la façon de passer d’une étape de la vie à une autre en toute sécurité. Cet exercice, qu’on appelle parfois « combler l’écart », fait appel à des rituels et des cérémonies.

Détail des activités

Depuis les années quatre-vingts, les concepteurs du programme Porteurs de plumes : Leadership pour la promotion de la vie travaillent avec les communautés des Premières Nations de Simcoe Muskoka, une région du Centre-Sud de l’Ontario. Depuis ce temps, leurs expériences auprès des Autochtones qui cherchent à prévenir le suicide les ont portés à penser qu’une approche de promotion de la vie qui suscite le désir de choisir la vie a de meilleures chances de convaincre des Autochtones à ne pas s’enlever la vie. La formation Porteurs de plumes a évolué à partir des expériences communes vécues par des individus membres de communautés autochtones. En reconnaissance de ces expériences communes, nous avons fondé notre approche sur les enseignements de nos ancêtres.

Le programme Porteurs de plumes : Leadership pour la promotion de la vie a vu le jour en 2015. Il s’agit d’une approche au suicide ancrée dans la culture et axée sur la vie. La formation est en deux parties: la première trace les grandes lignes des étapes à franchir pour mettre en place une stratégie de mobilisation communautaire pour que la formation annuelle se traduise par des actions et des changements systémiques nécessaires impliquant des communautés entières. La seconde partie parle d’une nouvelle approche à la formation conçue et élaborée d’un point de vue autochtone, la promotion de la vie, ou comment transformer le discours de la maladie en un discours de mieux-être.

En gros, la structure de la formation suit celle du rite de passage anishnabé qui porte sur 5 jours étalés sur une période d’un an. Entre 2015 et 2018, le programme a rejoint une foule de personnes :

  • Trois formations régionales ont réuni plus de 70 membres de communautés autochtones vivant dans une réserve ou hors réserve qui ont accepté la responsabilité de servir leur communauté en tant que leaders de promotion de la vie en devenant des porteurs de plumes.
  • Le Bureau des services policiers des Autochtones de l’OPP (la police provinciale ontarienne) qui a reçu une formation en 2017-2018, utilise des éléments de la formation reçue pour rejoindre les jeunes des communautés autochtones du Nord Kichenumaykoosib Inunuwig et Wapekeka. L’ACSM (Association canadienne pour la santé mentale) a appuyé ces visites dans le Nord grâce au soutien d’Aleta Armstrong (3 visites) et de John Rice (1 visite).
  • Le programme est actuellement offert aux Ojibwés de la communauté Nawash de la péninsule Bruce.
  • La formation Porteurs de plumes est offerte dans les communautés micmaques de la côte ouest de Terre-Neuve, en partenariat avec la Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé.

L’équipe de l’ACSM PNMI (Premières Nations, Métis et Inuits) a modifié la formation de cinq jours en une formation d’un jour qui donne aux participants une expérience de base de ce programme de promotion de la vie, ce qui a donné :

  • ACSM –  4 formations à l’interne, et
  • Présentations lors du colloque Suicide Awareness Conference de Geneva Park en 2017 et 2018.

En raison de l’intérêt croissant pour la formation et des nombreuses demandes en attente des communautés, nous avons conclu qu’il fallait des ressources supplémentaires et l’élaboration d’une structure organisationnelle. Le Comité consultatif du programme Porteurs de plumes a donc été formé au cours de l’hiver 2017-2018. Ce comité consultatif se réunit régulièrement et collabore à des tâches importantes comme l’embauche de trois employés de soutien au programme.

La formation Porteurs de plumes a connu une croissance rapide ces dernières années, son expansion la plus remarquable étant survenue l’an passé. La formation Porteurs de plumes possède maintenant un comité consultatif, a embauché trois employés et reçu deux octrois. Programme régional, il affirme désormais sa présence au niveau national et international. La formation Porteurs de plumes a été conçue pour répondre à un besoin communautaire, et c’est à cause de son approche et du fait qu’elle prend sa source dans l’Esprit qu’elle a suscité un tel intérêt. Les partenariats communautaires comme le Conseil consultatif autochtone de Barrie et région, le Comité sur le mieux-être mental Bimaadiziwin et l’Association canadienne pour la santé mentale ont soutenu l’élaboration de la formation Porteurs de plumes.