Groupe consultatif – les coresponsables

Ed Connors

Psychologue agréé de la province de l’Ontario d’ascendance mohawk et irlandaise, je suis membre de la bande autochtone du Territoire mohawk de Kahnawake. En 1982, j’ai commencé à travailler auprès de communautés des Premières Nations, tant dans des centres urbains que ruraux à travers le Canada. Pendant cette période, j’ai été directeur clinique d’un centre de santé mentale pour enfants dans la ville de Regina et directeur du programme Sacred Circle, un programme de prévention du suicide spécialement conçu pour les communautés des Premières Nations du Nord-Ouest de l’Ontario. Pendant que je me procédais à l’élaboration de ce service, je travaillais avec des aînés et apprenais les rudiments des approches traditionnelles à la guérison des Premières Nations. De 2008 à 2010, j’ai également été membre d’un comité de proches aidants à la Commission de la santé mentale du Canada. Dans le cadre de ce travail, j’ai consulté le comité consultatif des Premières Nations, des Inuits et des Métis concernant leur projet sur la sécurité et les compétences culturelles et les pratiques relationnelles. Aujourd’hui, j’intègre les connaissances traditionnelles de guérison tout en mettant ma formation de psychologue en pratique. J’ai également travaillé avec le First Peoples Wellness Circle (anciennement l’Association autochtone de la santé mentale du Canada) depuis sa création il y a plus de 25 ans. J’ai aussi siégé au conseil d’administration de l’Association canadienne pour la prévention du suicide dès ses tout débuts. Je préside actuellement le First Peoples Advisory Committee (comité consultatif des premiers peuples).

Lorsqu’il y a 30 ans, je travaillais avec l’aîné Alec Skead à l’élaboration du programme qu’il a baptisé Sacred Circle: Providing a Way of Life, je ne savais pas qu’il me lançait dans une aventure et un apprentissage qui se poursuivraient encore à ce jour. Alec savait que la seule façon de soutenir les personnes qui optent pour la vie est de les aider à trouver réponse aux importantes questions existentielles suivantes : D’où suis-je ? Qui suis-je ? Pourquoi suis-je ici ? Où vais-je ? En revanche, cela a amené ces personnes à se familiariser avec la philosophie du Mino Bimaadiziwin (comment vivre une bonne vie). Aujourd’hui, c’est ce que nous entendons par « la promotion de la vie ». Voilà pourquoi nous avons décidé de participer à l’élaboration de cet outil conçu pour les communautés. Je crois que ce projet nous amène encore plus loin dans notre exploration du savoir de nos aînés, savoir qui j’en suis sûr peut nous aider à vivre pleinement nos vies aujourd’hui et dans l’avenir.

Jennifer White

Je suis professeure adjointe à l’École des Soins pour enfants et adolescents de l’Université de Victoria et je travaille en prévention du suicide depuis 30 ans. J’aitoujours été intéressée à comprendre comment nous percevons la prévention du suicide chez les jeunes et notre façon d’en parler, de même que les effets de cette perception et de ce discours sur les personnes que nous nous efforçons d’aider. La plus grande partie de mon travail s’est centrée sur l’étude de moyens de rechange aux approches standardisées, spécialisées, impersonnelles et fondées sur des facteurs de risque en matière de suicide chez les jeunes. Le présent projet marque un point tournant quant à notre façon de réfléchir à ce que signifie « prévenir le suicide » et je suis très enthousiaste à l’idée de contribuer à ces nouvelles approches fondées sur des discussions qui utilisent « le langage de la vie ».

En 2003, j’ai été coauteure d’une étude intitulée : Guide des stratégies prometteuses pour la prévention du suicide chez les jeunes Autochtones; cela fut pour moi une de mes premières occasions de réfléchir en profondeur à ce qui arriverait si nous pratiquions la prévention du suicide en tenant compte de l’histoire de la colonisation et de ses effets négatifs sur les jeunes Autochtones, leurs familles et communautés. À cette époque, le langage de la « décolonisation » m’était étranger, mais je m’éveillais sensiblement à la réalité de ma propre implication dans l’histoire colonialiste des pionniers canadiens.

Ce projet s’inspire du principe « prêcher par l’exemple ». Chaque pratique présentée ici sert à nous rappeler ce que les peuples autochtones savent et appliquent depuis des milliers d’années : que les enseignements intergénérationnels, l’apprentissage sur le territoire, l’éthique collective et les cérémonies culturelles sont des outils qui servent à vivre bien. En même temps, sans un engagement éthique et politique plus large à respecter les traités, le règlement des revendications territoriales, et le maintien du droit inhérent des peuples autochtones à l’autodétermination, ces sages pratiques qui font la promotion de la vie demeurent limitées. Il ne peut y avoir de bien-être sans justice.

Groupe consultatif – les membres

Normand D'Aragon

Normand d’Aragon travaille au Québec en tant que psychologue agréé depuis 1983. Au cours des derniers vingt ans, il a été praticien et formateur dans un certain nombre de communautés inuites et des Premières Nations du Nord québécois. En 2001, il a été cofondateur de l’Association Prévention Suicide Premières Nations et Inuits du Québec (APSPNIQ) où il a agi à titre de directeur jusqu’en 2012. Pendant 10 ans il a été coordonnateur de la conférence annuelle Dialogue pour la vie. Au fil des ans, les pratiques et enseignements culturels offerts par les aînés sont devenus la partie la plus importante des activités d’apprentissage et de guérison lors de ces rassemblements.

Dans son travail de psychologue auprès de personnes à risque ou endeuillées à la suite du suicide d’un être cher, Normand D’Aragon appliquait un modèle d’analyse d’intégration intergénérationnelle qui tient compte des antécédents familiaux multigénérationnels dans leur contexte social, culturel et politique. Il a fait de nombreux exposés sur l’application de cette approche générationnelle au suicide au Canada et en Nouvelle-Zélande. Il siège également au conseil d’administration du First Peoples Wellness Circle (FPWC).

Par son engagement d’aidant envers la protection et la promotion de la vie, mais aussi grâce à son propre cheminement de guérison, il espère honorer tous ses frères et sœurs, et de manière plus particulière, la mémoire et l’héritage de ses ancêtres des Premières Nations qui font partie de son arbre généalogique. Il est fier d’avoir été adopté par la Nation innue du Québec et par la Nation Maori d’Aotearoa de Nouvelle-Zélande.

Henry Harder

Je m’appelle Henry George Harder et je suis un universitaire autochtone. Par le passé, j’ai été président de l’École des sciences de la santé de l’Université du nord de la Colombie Britannique, et j’occupe actuellement la chaire Dr. Donald B. Rix de leadership en recherche de la C.-B. sur l’environnement et la santé des Autochtones. En plus d’enseigner et de faire de la recherche, je suis également psychologue agréé œuvrant dans les domaines de la santé mentale, du rétablissement et de la gestion des invalidités depuis plus de 30 ans.

Je suis à la fois grand-papa, père, époux, grand-oncle, oncle, cousin, frère et fils. Ma mère était une Russe mennonite mais j’ignore tout de la lignée de mon père. Sur ma mère, tout ce que j’ai su, c’est qu’elle était Autochtone et qu’elle faisait partie du Clan du Loup. Sa meilleure amie m’a appris que mon second prénom était George parce que c’était le prénom de mon père. Deux hypothèses ont été évoquées quant à la famille de mon père. La première, c’est qu’elle était métisse, mon oncle ayant été propriétaire d’une entreprise à Rosthern, en Saskatchewan, près de Batoche, et que ma mère lui rendait parfois visite. La seconde hypothèse est que ses origines se trouveraient dans la direction opposée, vers la région Centre-Nord de la C.-B. , probablement chez les Gitxsan ou les Wet’suwet’en, principalement en raison de la ressemblance physique et d’autres traits, et certains antécédents familiaux. Comme je ne connais pas le nom de mon père biologique ni d’autres détails à son sujet, je ne pourrai jamais retracer ses origines. Cela me remplit d’une immense tristesse et d’un désir d’appartenance inassouvi.

J’ai grandi en tant que Mennonite, et non en tant qu’Autochtone. J’ai étudié dans un collège de théologie et ai été prédicateur un certain temps. J’ai passé les 14 dernières années à la recherche de mon identité autochtone, de mon indigénéité. Ça n’a pas été un voyage de tout repos. Par la suite, je me suis retrouvé à UBC  où j’ai décroché un doctorat en psychologie. Au cours de cette période, j’ai souffert de quelques préjugés, certains profs ne voulant pas voir un jeune d’un quartier pauvre de Vancouver réussir. Aussi, n’ayant aucune attirance pour les méthodes de recherche quantitative, je ne me suis développé qu’au contact de la recherche qualitative. Ces expériences ont façonné la personne que je suis et la façon dont j’aborde tous les aspects de la vie, y compris la recherche.

Je suis Autochtone et chercheur autochtone. Aujourd’hui, je vais au-delà de la recherche qualitative et embrasse les méthodes de recherche autochtones. Je rejette catégoriquement l’idée que les méthodes de recherche conventionnelles soient l’unique façon de chercher la vérité et d’acquérir la connaissance. De nombreux membres de la communauté me l’ont dit et je l’ai même entendu dans diverses autres communautés autochtones à travers le monde : « C’est depuis toujours que nous faisons de la recherche, sauf que nous n’appelions pas cela ainsi ».

Carol Hopkins

Carol Hopkins est directrice administrative de la Thunderbird Partnership Foundation (une division de la Fondation autochtone nationale de partenariat pour la lutte contre les dépendances) et elle est membre de la Nation Lenape de Moraviantown, en Ontario.

Carol a travaillé 20 ans dans le domaine de la toxicomanie et de la santé mentale chez les Premières Nations. Elle est détentrice d’une maîtrise en travail social de l’Université de Toronto et d’un diplôme en connaissances sacrées autochtones, l’équivalent d’un doctorat dans les systèmes d’éducation occidentaux. Carol est également chargée de cours à l’école de travail social du King’s University College de l’Université Western.

Carol a coprésidé des initiatives nationales réputées pour leurs pratiques exemplaires en matière d’analyse et d’élaboration de politiques nationales; ces initiatives ont constitué la toile de fond du Continuum des services de mieux-être mental pour les Premières Nations (CSMMPN), du cadre Honorer nos forces : Cadre renouvelé du programme de lutte contre les toxicomanies chez les Premières nations du Canada, du Cadre d’évaluation du bien-être des Autochtones et des lignes directrices pour des pratiques exemplaires dans le traitement culturellement approprié des problèmes de consommation d’inhalants. Carol a également inspiré la mise sur pied de l’Évaluation du bien-être des Autochtones. En reconnaissance de son travail, elle a reçu le prix des Champions de la santé mentale de 2015 dans la catégorie Recherche/Clinique, le prix Innovation de Santé Canada; elle est membre du Conseil consultatif du ministre ontarien de la Santé et des Soins de longue durée, et elle a été invitée par la ministre de la Santé, Dr Jane Philpott, à se joindre à la délégation canadienne à l’Assemblée générale des Nations Unies lors de sa session extraordinaire consacrée au problème mondial de la drogue.

Shannon LaFlamme

Je vis sur le territoire traditionnel Katzie de Pitt Meadows, C.-B., et je suis fière de travailler pour la First Nations Health Authority (FNHA) en tant que conseillère en programmes de santé mentale. Mon portefeuille inclut la Stratégie nationale de prévention du suicide chez les jeunes Autochtones (SNPSJA), un volet de financement mis en chantier par le Gouvernment du Canada en 2004. La SNPSJA vise à réduire les facteurs de risque qui contribuent au suicide et à promouvoir les facteurs de protection pour prévenir le suicide chez les jeunes des Premières Nations de 10 à 30 ans vivant dans une réserve.

En 2006, j’ai obtenu un B.A. en psychologie de l’Université Simon Fraser et je travaille actuellement à l’obtention d’une maîtrise en santé publique à l’Université de London. Depuis 2005, j’ai travaillé dans divers secteurs de l’Agence de la santé publique du Canada, et depuis 2007, dans divers secteurs du ministère de la Santé des Premières Nations.  Le travail que j’accomplis au sein de l’équipe du mieux-être mental des services de santé et de mieux-être communautaires de FNHA me passionne et je suis convaincue que le mieux-être mental est le fondement-même d’une santé et d’un mieux-être globaux. Mon expérience personnelle dans le domaine de la prévention du suicide chez les jeunes me motive à travailler pour que les jeunes d’aujourd’hui aient un avenir plus prometteur, là où l’aide est disponible et accessible pour ceux d’entre eux qui souffrent de troubles affectifs, de traumatisme et de toxicomanie, et où des programmes de rétablissement jouissent de l’appui de l’ensemble de la communauté, et ce, sans stigmatisation ni jugement.

Chris Mushquash

Dr Christopher Mushquash est professeur adjoint au département de psychologie de l’Université Lakehead et à la division des sciences humaines de l’École de médecine du Nord de l’Ontario. Il est titulaire d’une  Chaire de recherche du Canada en santé mentale et toxicomanies et psychologue clinique à la Dilico Anishinabek Family Care. La recherche de Dr Mushquash porte sur la pertinence culturelle des évaluations et interventions en santé mentale et toxicomanies et sur la nécessité pour les interventions en santé à l’égard des Premières Nations d’être conformes à leur réalité culturelle et contextuelle. Dans le cadre de son travail de recherche, Dr Mushquash établit des relations et des partenariats au sein de communautés et organismes des Premières Nations. D’un point de vue clinique, il fournit des services d’évaluation, d’intervention et de consultation aux enfants, adolescents et adultes des PN. Sa recherche est financée par Les Instituts de recherche en santé du Canada, le Conseil de recherches en sciences humainesNeuroDevNet, la Ontario Mental Health FoundationSanté Canada, la Fondation ontarienne de neurotraumatologie et le Ministère de la Recherche et de l’Innovation. Dr Mushquash a obtenu de nombreux prix pour son travail, notamment Le Prix du nouveau chercheur décerné par le président de la Société canadienne de psychologie (SCP), le prix le plus prestigieux attribué par la SCP au Canada, le prix Outstanding Alumni Award de l’Université Lakehead (en reconnaissance de ses accomplissements en début de carrière), le prix Northwestern Ontario Visionary Award (reconnaissant le leadership, l’engagement communautaire, le bénévolat, le mentorat, ainsi que le caractère unique et déterminant de la contribution de jeunes professionnels de la région au sein de leur communauté), et aussi une bourse en vertu du Programme de bourses de nouveaux chercheurs du Ministère de la Recherche, de l’Innovation et des Sciences de l’Ontario. Il est membre du Collège de nouveaux chercheurs et créateurs en art et en science de la Société royale du Canada. Dr Mushquash est Ojibwé et membre de la Première Nation Pays Plat.

W. J. (Bill) Mussell

W. J. (Bill) Mussell siège au conseil d’administration des organismes suivants : (a) le First Peoples Wellness Circle (une ramification de la Native Mental Health Association of Canada—président durant 20 ans); (b) la Société pour les troubles de l’humeur du Canada; et (c) la Thunderbird Partnership Foundation(v.-p.). M. Mussell est également coreprésentant du Carrefour des Premières Nations et des personnes d’origine autochtone, RCRID à l’Université de la Saskatchewan.

Alors que j’étais membre exécutif bénévole de la Fraternité des Indiens d’Amérique-du-Nord (FIAM) et étudiant de premier cycle à UBC de 1959 à 1960, j’ai poursuivi des études en développement social, éducation et santé. Notre travail de recherche au sein de la FIAM, lequel nous avait amenés à nous rendre dans plusieurs tribus autochtones de l’Intérieur de la C.-B., montrait clairement la profonde nécessité d’un travail de restauration de la santé et du mieux-être sur les plans physique, affectif, cognitif et spirituel. Un tel travail exigerait une étude sérieuse des conditions et des situations pouvant contribuer à l’absence de mieux-être holistique, et une documentation de nos antécédents pouvant révéler les effets des lois et politiques qui régissent nos vies en tant que bandes ou communautés d’Indiens inscrits du gouvernement du Canada, lequel ne nous percevait pas comme des êtres humains. Des études de ce genre nous ont permis de comprendre pourquoi les enseignements de nos ancêtres n’étaient plus mis en pratique, nommément la dimension spirituelle de la vie sur terre et les rituels et cérémonies s’y rapportant, de même que l’importance de marcher la tête haute, fièrement et dignement.

Les dix années suivantes, j’ai acquis des compétences en travail social et en enseignement secondaire, entrepris des études en consultation psychologique et acquis un considérable bagage professionnel et bénévole. J’ai siégé comme trésorier et ensuite comme président au conseil d’administration du Centre d’amitié autochtone de Vancouver (de 1964 à 1967) lequel axait son action sur les défis auxquels faisaient face un nombre grandissant de membres des PN en transition qui venaient à Vancouver rêvant d’y trouver de meilleures conditions de vie, comme par exemple l’accès aux études supérieures. Les programmes offerts au Centre reposaient largement sur les heures généreusement fournies par des bénévoles habitués à ce genre de défis. Bien que dans les réserves les ressources allouées aux services aient été limitées, à Vancouver, il était encore plus difficile d’y avoir accès. Grâce à mon emploi d’agent de probation, je me suis également familiarisé avec le travail du personnel des services correctionnels, principalement sur l’Île de Vancouver et ensuite à titre d’agent fédéral de libération conditionnelle, d’abord à Vancouver et ensuite à Abbotsford. Pendant que j’exerçais ces fonctions, j’ai donné quelques cours d’introduction à la criminologie et été chef de ma Première Nation avant d’accepter un poste à Ottawa qui consistait à examiner des questions relevant des Affaires indiennes d’une perspective nationale. Avoir été témoin de l’émergence et de l’élaboration de la FNI (Fraternité nationale des Indiens), de la présentation du Livre rouge au premier ministre, et avoir fait l’expérience de divers aspects des relations Indiens-Blancs dans la plupart des régions du Canada ont été pour moi les points culminants de cette période de ma vie. Je suis retourné à Vancouver en 1971.

Durant les 30 années qui ont suivi, j’ai choisi d’axer mon travail sur l’éducation, le développement social et sanitaire, incluant des considérations de justice sociale, de gouvernance, de rétablissement, et l’importance de la culture en tant que facteur social déterminant du mieux-être autochtone. Ma poursuite de ces intérêts s’est enrichie tout au long de mon engagement dans un programme d’études universitaires (éducation des adultes et études supérieures) par la mise en chantier d’un établissement d’enseignement postsecondaire particulièrement conçu pour préparer et outiller les spécialistes établis dans la communauté à fournir de l’information sur la santé, à livrer des services en matière de santé et de toxicomanie et à axer leur action sur la promotion du mieux-être auprès des familles et de la communauté en s’appuyant sur les forces culturelles. L’Institut Salishan a offert ces programmes pendant près de 15 ans au  Centre Naramata , et bon nombre de Premières Nations de la C.-B. et de l’Alberta l’ont contacté pour obtenir de la formation en développement des compétences dans leurs propres communautés. Ce genre de travail m’a amené à m’engager dans divers projets de recherche, à écrire des rapports et des publications sous contrat, des rapports d’évaluation (en santé communautaire et services à l’enfance et à la famille), ainsi que des discours thèmes et autres présentations connexes pour conférences. C’est avec fierté que j’ai rempli les fonctions d’éducateur principal et de directeur de l’Institut. Les projets d’études sur les violences physiques et sexuelles, la dépression et le suicide, ainsi que la santé et le mieux-être de nos communautés des PN ont particulièrement retenu mon attention durant cette étape de ma vie active, tout cela fait qu’aujourd’hui je me retrouve à un âge bien avancé.

Les défis que je continue de relever dans le cadre de mon action et de mon engagement touchent le mieux-être mental, les toxicomanies, l’épigénétique, le besoin de sages pratiques afin de restaurer la confiance et la fierté en tant que « gens de la Terre » qui avançons avec assurance et espoir grâce au soutien de notre communauté et à un sens profond de notre vie et de notre raison-d’être ancré dans les enseignements de nos ancêtres autochtones. Travailler sur la vérité et la réconciliation est l’activité qui décrit le mieux le but que je poursuis dans la vie et que je m’emploie à atteindre par mon engagement au sein des organismes cités au début de ce compte rendu.

 

Matière à réflexion

Lorsque nous cherchons réponse aux questions sur la vie contemporaine des Autochtones, il est important de se rappeler que nous savons très peu de choses sur la vie de nos ancêtres entre 1850 et 1920, en particulier ces aspects de la vie qui nous ont permis de survivre et de prospérer. Pour nous la vie est continue et parce qu’elle est continue, elle prend la forme que chaque nouvelle génération qui l’embrasse lui donne au passage.

Stephanie Wellman

Originaire des Prairies, je réside en Territoire algonquin où je travaille pour l’Assemblée des Premières Nations (APN) au Secrétariat de la santé en tant responsable du dossier de la santé mentale. Le Secrétariat de la santé a pour mandat de protéger, maintenir, promouvoir, soutenir et défendre les droits naturels, les traités et les droits internationaux des Premières Nations afin de leur garantir le droit à la santé holistique et au bien-être. L’APN est un organisme national de défense de droits et intérêts des membres des Premières Nations du Canada, lesquels représentent plus de 900 000 personnes vivant dans 634 communautés des PN et dans des villes et villages à travers tout le pays.

Les projets comme celui-ci sont importants au fur et à mesure que se transforme le discours sur la santé mentale et le mieux-être pour parler, dans le langage de la vie et du mieux-être, de « promotion de la vie » plutôt que de « prévention du suicide », en se concentrant sur les forces vives que nous possédons en nous en tant que peuples autochtones.

Recherche et conception

Janet Newbury

Professeur adjoint, School of Child and Youth Care, University of Victoria

Je vis sur le Territoire Tla’amin, au nord de Powell River, C.-B., et je travaille principalement à l’Université de Victoria. L’ensemble de mon travail communautaire, de mon enseignement et de ma recherche est en lien avec le bien-être des enfants, des jeunes, des familles et des communautés, et il est de plus en plus orienté vers ce qui crée les conditions nécessaires au bien-être collectif. J’ai étudié le rapport qui existe entre les approches communautaires au développement économique et social et le bien-être des enfants, des jeunes et des familles. Pour moi, cela place la responsabilité du changement sur nous tous, en tant que société, plutôt que sur des individus pouvant être en difficulté pour une foule de raisons.

Maintenant tout cela à l’esprit, participer à ce projet est formidable. Résistant à l’attrait de pondre de belles idées qui paraissent très bien sur papier, notre action demeure constante et fidèle envers les principaux bénéficiaires de notre travail : de vraies personnes vivant dans de vraies communautés. Préserver l’intégrité du processus à chacune de ses étapes assure que des données pertinentes seront utilisées. Cette façon de faire a engendré quelque chose de très unique. Le projet Sages pratiques pour la promotion de la vie place les façons autochtones d’apprendre, de faire et d’être au centre de ses préoccupations, même dans un monde qui privilégie les procédés bureaucratiques. Ainsi, ce projet a jeté de la lumière et créé des liens entre un large éventail d’initiatives, d’histoires, de voix, de recherches et de connaissances existantes en indiquant comment nous pouvons tous aller de l’avant ensemble de la bonne façon et dans la même direction.

Christopher Heffley

Directeur de création et concepteur graphique

Je vis sur le territoire non cédé des Penelakut, Lamalcha et autres populations qui parlent la langue des Hul’qumi’num sur ce que l’on appelle aujourd’hui l’île Galiano, C.-B., laquelle fait également partie du territoire cédé de la Première Nation Tsawwassen.

J’ai la chance de pouvoir répartir mon temps entre le travail de conception graphique que j’exerce depuis plus de 20 ans et le travail auprès de clients qui ont à cœur le développement communautaire, l’éducation, l’engagement politique et social, la viabilité environnementale, ainsi que les arts, la culture, les organismes sans but lucratif, et les nouvelles entreprises. J’ai aussi à cœur la restauration d’un lopin de terre pour en faire une fermette. Le fil conducteur entre tout ce qui précède repose sur des valeurs et des règles éthiques enracinées dans une vision à long terme de la santé pour les individus, la communauté et l’environnement afin de soutenir les générations à venir.

C‘est un honneur pour moi de participer à ce projet et de mettre mes talents à profit de modeste façon afin de mettre en valeur le formidable travail de tellement de personnes et d’organismes qui se dévouent pour apporter des changements positifs dans le monde.

Jordan Davis

Concepteur graphique et développeur, Thunderbird Partnership Foundation

J’habite sur l’île de Vancouver, sur les terres traditionnelles des peuples Lkwungen (Lekwungen) connus également sous le nom des Premières Nations de Songhees et d’Esquimalt, dans la communaité de Langford. Je suis père de trois filles. Au cours des cinq dernières années, j’ai eu le plaisir de travailler avec la Thunderbird Partnership Foundation; avant cela, j’ai monté une petite entreprise de commerce électronique et ai travaillé comme concepteur graphique, développeur et photographe.

Je suis extrêmement reconnaissant pour cette chance d’exercer un travail constructif et d’être en mesure d’en apprendre autant, tant à travers la Thunderbird Partnership Foundation qu’avec l’équipe des Sages pratiques. J’ai appris que l’Espoir, le sentiment d’Appartenance, la recherche de Sens et d’Accomplissement sont les fondements de la personne en santé. J’apprécie cette occasion de contribuer à la promotion de la force et de la sagesse des peuples autochtones dans la mesure de mes capacités.